« La schizophrénie identifiée au niveau cellulaire »

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veroniqueJ83
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« La schizophrénie identifiée au niveau cellulaire »

Message par veroniqueJ83 » 20 avr. 2022, 12:53

« La schizophrénie identifiée au niveau cellulaire »

Date de publication : 18 mars 2022
https://www.mediscoop.net/neurologie/in ... newsletter

Pierre Kaldy annonce dans Le Figaro que « deux anomalies du fonctionnement des neurones ont été décelées chez des patients schizophrènes par des chercheurs américains de l’école de médecine de l’Université Johns Hopkins ».
« Elles pourraient même expliquer les symptômes les plus fréquents de cette maladie mentale très invalidante avancent les auteurs dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (The Proceedings of the National Academy of Sciences - PNAS) », note le journaliste.
Il explique que « les recherches sur les bases physiologiques de la schizophrénie étaient freinées par l’absence d’équivalent de la maladie chez l’animal et par la difficulté à étudier des neurones de patients, le plus souvent obtenus après leur décès ».
Pierre Kaldy relève qu’« une nouvelle technique, mise au point en 2007 par le japonais Shinya Yamanaka, prix Nobel de physiologie et de médecine en 2012, a changé la donne. Elle permet de faire revenir des cellules de la peau de patients au stade de cellules souches pluripotentes, que l’on peut ensuite faire se différencier in vitro en d’autres cellules. En l’occurrence, ici, des neurones du cortex cérébral ».
« Cette approche, qui permet de cultiver et d’étudier directement des cellules de patients dont les caractéristiques cliniques et génétiques sont connues, est en train de révolutionner l’étude des troubles psychiatriques ayant une composante héréditaire », observe le journaliste.
Il précise que ce travail fait « un lien chez 13 patients entre leurs symptômes et deux paramètres cellulaires précis. Le premier, lié à une inhibition excessive de l’activation des neurones, est proportionnel à la désorganisation de la pensée et au retrait émotionnel observés dans la maladie ».
« Le second est une accentuation de l’entrée de sodium dans les cellules, une composante essentielle de la communication entre neurones qui s’avère d’autant plus marquée que les patients présentent des hallucinations ou des délires », continue Pierre Kaldy.
Isabelle Cloëz-Tayarani, chercheuse en neurobiologie à l’Institut Pasteur, remarque que « ces résultats sont très intéressants et cohérents avec une étude génétique menée en 2018 auprès de milliers de patients qui a aussi montré l’implication de canaux sodium dans l’origine de la schizophrénie ».
Pierre Kaldy note que « de vastes études génétiques ont permis d’identifier des centaines de marqueurs de risques génétiques de la maladie, liés le plus souvent à des gènes impliqués dans le développement du cerveau et le fonctionnement des neurones. Les risques associés à ces marqueurs génétiques restent néanmoins très faibles pris isolément, ce qui traduit une grande hétérogénéité des mécanismes menant au dysfonctionnement des neurones ».
Il ajoute que « cette vulnérabilité génétique plus ou moins forte suivant les personnes est ensuite soumise à des facteurs environnementaux qui peuvent aussi influer sur la progression de la maladie ».
Anne Giersch, chercheuse au CHU de Strasbourg, observe : « On peut penser qu’il existe chez des personnes déjà prédisposées un effet de seuil pour basculer dans la pathologie, un phénomène qui serait renforcé sous l’effet d’évènements extérieurs comme une infection virale in utero ou la consommation de cannabis à l’adolescence ».
Isabelle Cloëz-Tayarani indique que « si ces résultats sont confirmés par d’autres études neurophysiologiques, un nouveau champ de recherche sur la schizophrénie pourrait s’ouvrir à l’aide de culture in vitro de « mini-cerveaux » pour étudier sur des temps plus longs les neurones en réseau, et la perspective de pouvoir mettre au point des médicaments plus adaptés au profil génétique ou clinique des patients ».

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